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INITIATION DES JEUNES FILLES ou « MAYOLO » :

 

Dans la société traditionnelle khassonké, l’appellation de la jeune fille est fonction de son âge. Les filles de : Zéro à sept ans sont appelées « Dimisirindinŋo »,  Sept à douze ans « Solima-Muso » et à partir de cet âge, elles deviennent « Lambédinŋo » (appellation qui ne dure au plus qu’une année) qui est marqué par une cérémonie d’initiation appelée : MAYOLO ou FANUTA. C’est à partir de cet instant que la jeune fille khassonké devient apte aux fiançailles. Elles ( Lambédinŋo ) deviennent « Xaarafadinŋo » qui évoque l’âge de la maturité de la jeune fille khassonké.

 

Pendant les cérémonies de Mayolo qui durent une semaine, les filles doivent vivre sous la conduite d’une femme généralement captive appelée « Sema ». Chaque soir elle les amène au marigot ou autour d’un puits dit « Mayo-xo », hors du village pour faire leur toilette quotidienne.

 

Les jeunes garçons profitent de ce moment pour organiser leur « Solota » par groupe d’âge sur le chemin menant au marigot ou au puits. Les garçons se montrant plus dynamiques tendent leurs deux bras à ses camarades d'âge pour qu'ils lui prennent tant de nombre de coups de fouets qu’ils veulent. Au retour de filles ils creusent un trou de cinq à dix centimètres dans le quel ils enterrent un bracelet en argent, ils demandent chacune d’elles de le déterrer par la bouche sinon elles seront toutes fouettées.

 

Devant de circonstances de ce genre, les garçons tombent dans leurs propre piège, car, il faut une amande pour être épargnée. Parmi eux certains payent la caution des filles qui sont soit leurs sœurs, cousines, belles-sœurs et ou encore des futures fiancées pour le mariage.

 

La « Séma » durant toute cette semaine, entretien convenablement ces filles en les rendant encore plus belles avec l’application quotidienne des huiles spéciales, le tatouage des gencives et la pose du henné. La fin de la semaine coïncide en général à un vendredi. Au soir tous les parents et proches venus pour cette fête se retrouvent sur la place publique (Bérato)

 

Les forgeronnes assises jambes tendues sur de nouvelles nattes tressent soigneusement la tête de filles qui doivent prendre le pagne. Couchées sur les jambes des ces femmes, elles sont couvertes de très jolis tissus.

 

Aux sons du tam-tam et la citation de leurs louanges par les griots de la contrée. Les parents et proches en faisant des tours de rôle jettent sur elles des graines de maïs, d’arachide, de mil, des pagnes, de l’argent etc. En exprimant ainsi leur joie accompagnée des pas de danse très articulée. Les forgeronnes après avoir fini, coudent sur leur tresse de gris-gris ( allumette ) et les perles (Ambres) en couleur d’or appelée "LANBIRO" qui après usage sont gardées de génération en génération ou pour des générations futures.

 

Après la mise de ces parures les filles sont aussitôt habillées en grands boubous en bazin ou wax selon la possibilité de leurs parents; Sous les quels elles portent des pagnes joliment colorés. C’est cette action de porter les pagnes Qu’on appelle PRISE DE PAGNE ou FANUTA, sinon avant ce jour ces filles n’étaient habilitées qu’à porter des « Kulinbenŋo » ( sorte de cache sexe constitué de deux bandes d’étoffe cachant le devant et les fesses des jeunes filles ) et des camisoles courtes s’arrêtant juste à la hanche.

 

En ce moment les jeunes garçons captifs sont eux aussi très bien habillés en boubous traditionnels à nombre égal; Chacun porte sur son cou une fille avec la quelle il doit danser trois différents pas de danse au cours des quels leurs louanges sont chantées en chœur par les griots.

 

Les cadeaux sont très larges en ce moment pour les filles ainsi que pour les hommes qui les portent de la part des amis, parents, proches et prétendants. Toutes ces cérémonies prennent fin plus tard au crépuscule.

 

Deux jours après cette cérémonie l’ensemble de ces filles procède à des activités de quête. Chaque jour, elles se retrouvent très bien habillées, elles passent de famille en famille, a leur arrivée dans une famille l'une d’entre elles se couche sur le sol en faisant semblant d’être morte. Les autres chantent en chœur qu’elle est morte de faim. Les membres de cette famille leur donnent des graines de mil, de maïs, d’arachide, et même de l’argent.

 

Ces cadeaux leurs permettront le jour où elles doivent renouveler leur tresse de préparer un très bon plat à l’intention des forgeronnes ou attendre une fête populaire. Cette tresse qu’on appelle MUKILO est faite chaque mois jusqu’à ce que elles mangent une nouvelle récolte, en général le maïs qui mûrit en premier lieu au khasso. Avant cela on les appelle Lambédinŋo. Une foi cela fut fait, elles peuvent faire d’autres tresses comme le DIAKITE MERE exception faite au « TOUROUBA SAFE ou SUGULO » (réservé aux femmes).